Saying it won't change a thing
J’essaie de trouver quelque chose à dire depuis quelques jours mais ça a du mal à venir (tip of the tongue but I can't deliver it, properly), Juin, c’est la coutume, il y a du mouvement là haut. On pousse les meubles, on fait de la place pour les trucs important, on se prépare solennellement au bilan de l’année, sans oser se l’avouer, on espère chaque année qu’il sera oublié. C’est vrai quoi, on a traversé des moments difficiles, on peut peut-être faire l’impasse cette fois, juste cette fois. Mais il y a toujours une saleté, une tâche, une vermine de grand chemin, qui lève son doigt velu, à la fin de l’assemblée quand tout le monde a déjà remis son manteau, et qui fixe, mine de rien, une date pour la torture annuelle.
Les bilans, c’est pas fait pour les 31 décembre, les 31 décembre, on est sûr de rien, c’est juste le début de l’année, un 31 décembre. Non, irrémédiablement, on fait l’inventaire début Juin, quand ça accélère et que ça ralentit en même temps. Quand il commence à faire chaud et qu’il y a de quoi frémir sur plus d’une cheville/nuque/ (un) poignet masculin, le cerveau se met en pilotage automatique et n’en n’a plus rien à foutre de l’attraction de la terre sur ce putain de chien version images pré-enregistrées de Windows.
Il a laissé les clés sous le paillasson et une bande de squatteurs arrivent quand la fin est proche, ils se vautrent dans les canapés et vous poussent plus souvent à vous asseoir vous-même, à penser à Septembre 2005 – Juin 2006 (comme une année sabbatique).
En clair, mon année de 3ème n’aurait pas été à classer dans les dossiers les plus chers si elle n’avait pas inclus Athènes et compagnie.
J’avais toujours dit à ma mère qu’elle n’y arriverait pas, j’étais déjà une sacrée petite conne cynique et aigrie dans les règles il y a deux ans, quand tout le monde s’excitait autour de moi dans des préparatifs énervés. Ce divorce a toujours été une telle toile de fond pour moi, même maintenant, impossible de m’y intéresser vraiment. Impossible de m’intéresser vraiment à pas mal de choses en fait. Parfois je laisse échapper un « faire le ménage c’est pas perdre un peu de soi même ? » et on me répond poliment que si, j’ai raison. Je lui disais qu’elle habiterait pas en Grèce et j’y croyais vraiment, c’était pas juste des remarques provocatrices. Mais elle l’a fait. Et moi en 2005 j’avais en grande partie 13 ans et j’étais un peu branque.
Mais je me suis laissée entraînée finalement, et je l’ai fait.
En arrivant, j’étais surtout la fille qui faisait des crises d’angoisse. Voilà, c’était ma marque de fabrique, Margaux l’angoissée. J’ai toujours pensé que les plus tristes étaient les plus intelligents. Je trouvais que c’était cool et intellectuel, mais je le faisais pas exprès pour autant. J’aurais voulu savoir mieux expliquer qu’on faisait pas exprès d’avoir si peur de continuer à essayer de dormir et de trembler tellement fort, d’avoir tellement chaud et tellement froid que la seule façon d’aller mieux c’était de pleurer.
Oui, 2005 – 2006 est aussi une année où j’ai beaucoup pleuré. Ca m’a pas fait maigrir mais ça a eu l’avantage de me faire apprendre à avoir un air tragique quand j’en ai besoin. J’ai pleuré à cause de ma mère et à cause d’A. et à cause de la vie en général. Je crois que j’y ai pris goût, je suis toujours pas outrageusement heureuse quand je pleure, mais je suis dans mon élément ( quoique, je suis un signe d’air, ça tient pas vraiment debout ).
J’ai manqué les cours plus que jamais, il y avait des jours où ça me semblait juste impensable de me réveiller seule, de sortir, d’attendre, de prendre le bus et d’attendre pendant six heures que ça soit enfin fini. J’ai pas de bon point à en retirer, là. Je suis toujours maladivement terrorisée de me montrer à mes contemporains, si ce n’est plus, mais au moins, j’ai eu plein de jours de repos. Les jours de repos, je les ai remplis avec ce qui m’a fait tenir. Gardez le pour vous mais j’ai les larmes aux yeux en écrivant ça. Comme penser à un bon ami qui m’aurait aidée dans un moment difficile. Maintenant les larmes sont remontées par une grimace, parce que c’est trop dur de dire tout ce que je lui dois sans être niaise, c’est pas trop dur, c’est impossible. Je n’ai généralement pas d’émotions fortes avec lui, rarement de crises de larmes ou de tremblements, mais c’est mon intraveineuse, la seule chose dont je ne peux pas me passer.
Je pourrais admettre la non-existence de l’Angleterre, la disparition de mon Marsupilami, la mort de A., tant que j’aurais encore la musique à porter de main.
Sans déranger autour de moi, parce que beaucoup de gens ont dit que cette période où on découvre la musique et où chaque groupe semble inégalable était formidable. Je suis d’accord, j’y suis encore. Cet état dont les adultes ne sont pas capables, tenir parce que quelqu’un, un jour, a choisi de mettre ce mot après celui là et de construire cette phrase qui, même si elle me ressemble pas, me fait poser plein de questions. Un état qui a l’air comparable à rien d’autres, où c’est moi qui fais les règles, et où personne ne peut me contredire parce que tout est de toute façon trop profond pour être traduit en mot. Il y a conversion à travers le tympan et cette langue déjà étrangère devient alors un dialecte mort et perdu que je suis la seule à connaître. Il glisse des indices de temps en temps, parfois il fait tout trembler pour une basse, ou il génère le même sursaut à ce même moment, pas tout le temps, mais tout le temps à ce passage. Parfois ça émerge, comme ce schéma de mon expression que j’avais dessiné, où tout se passait dans les ¾ immergés de l’iceberg. Mais parfois non, pas parce que c’est trop plein mais parce qu’une occasion se présente et que ça me fait peur de montrer ça aux autres.
En 3ème j’ai fait réussi l'exploit de faire écouter Can’t Stand Me Now, London Calling et Someday à ma classe et à chaque fois c’est comme si c’était moi qui allais jouer, j’avais le fameux sentiment du cœur de plomb qui ne s’allège que si on prend une longue inspiration. Passer un clip des Strokes à une bande de Grecs chauvins et intolérants, c’est presque aussi jouissif que de manger de la crème de marron à la cuillère. Ne pas regarder leurs expressions, mais bien la télévision, faire le même vieux sourire à la réplique d’Albert, et finalement, m’en taper de ce qu’ils en penseront parce que ouais, moi je trouve que le pont à la batterie est putain de bien et que je préfère être la seule à le penser que de kiffer sur les Pussycat Dolls.
C’est définitivement ça ma drogue, mon médicament ou ma thérapie.
Au LFH, il y avait ma prof d’anglais, qui trouvait que j’avais un british sense of humour et qui me découpait les articles sur Pete Doherty dans le Guardian, il y avait les magouilles en tout genre, celles qui me font me sentir plus connes, les moments où personne voulait de moi, les parties de basket où, mystérieusement, le mot Floride m’apparaissait dès que je touchais le ballon, le bon vieux bus, micro climat de l’adolescence, où j’ai du écouter plus de musique que tous les autres passagers réunis, mais il (n’) y a surtout (pas) eu A.
In a town, in a city, in an eyeball, on a rock
In a fence where a goat was alone by himself
There was a boy, who was there
A boy who built a snowman out of himself
I've been popping out of closets in Robin Hood suits
I've been spotted in pictures with Navy recruits
Look at your costume, you know that it's true
Anyone could pop in as you
Tried to untie your lips, but they were double knotted
I tried to break into you brain, but all the entrances were rotted
If the moon had minute hands, it would have meant a lot
But God would have made the moon as a clock
Look, look, look at me doing this
Look, look, look at me doing that
Look, look, look at the way that I am
Bye bye bye to the crazy ones
Bye bye bye to the crazy ones
Bye bye bye to the crazy ones
Look, look, look at me doing this
Look, look, look at me doing that
Look, look, look at the way that I am
Look, look, look at me doing this
Look, look, look at me doing that
Look, look, look at the way that I am
But if everybody was the best
There would be so few of the rest
Oh the places where you've never been
Oh the world was just a baby then
A million ways you learn to cry
When the boy's little waves pass you by
Oh never to be there again
Oh the children where so old-fashioned then
Coffins decked out on the street
Who's the stranger with the purple feet
Don't I remember him from somewhere
Before his feet lost their hair
But if everyone is coffin-bound
Then I'm so scared of being not around
I'm so scared to never make a sound
I'm so scared of being underground
Can you see me?
J’ai peut-être rien compris au sens de la chanson mais de toute façon j’ai rien compris non plus à A., donc je peux maintenir que pour moi, c’est l’illustration fidèle et parfaite de mes sentiments pour lui. Et je suis même cinématographiquement étonnée de la familiarité. Avec des étoiles dans les yeux et un gros plan sur des lèvres tremblotante et éclairage tamisé, tout ça.

En 2005 / 2006, Je soussignée Margaux, déclare officiellement avoir été changée, bouleversée, touchée, remuée, émue, reconnaissante (à) (rayer la mention inutile) à degrés et durées à variation par :
The Libertines, la Grèce, Middlesex, Ken Park, l’Angleterre, Alexis, the Strokes, le LFH, New York, Antigone, l’isolement, Georges, the Sex Pistols, Paris, American History X, le bus, l’anglais, Clap Your Hands And Say Yeah, le Portrait de Dorian Gray, Craig Nicholls, le Mouv, Fight Club, Bienvenue au Club, la politique, Arcade Fire, ma chambre, les autres, Trainspotting, moi.
Et puis ça recommence l'année prochaine.
Les bilans, c’est pas fait pour les 31 décembre, les 31 décembre, on est sûr de rien, c’est juste le début de l’année, un 31 décembre. Non, irrémédiablement, on fait l’inventaire début Juin, quand ça accélère et que ça ralentit en même temps. Quand il commence à faire chaud et qu’il y a de quoi frémir sur plus d’une cheville/nuque/ (un) poignet masculin, le cerveau se met en pilotage automatique et n’en n’a plus rien à foutre de l’attraction de la terre sur ce putain de chien version images pré-enregistrées de Windows.
Il a laissé les clés sous le paillasson et une bande de squatteurs arrivent quand la fin est proche, ils se vautrent dans les canapés et vous poussent plus souvent à vous asseoir vous-même, à penser à Septembre 2005 – Juin 2006 (comme une année sabbatique).
En clair, mon année de 3ème n’aurait pas été à classer dans les dossiers les plus chers si elle n’avait pas inclus Athènes et compagnie.
J’avais toujours dit à ma mère qu’elle n’y arriverait pas, j’étais déjà une sacrée petite conne cynique et aigrie dans les règles il y a deux ans, quand tout le monde s’excitait autour de moi dans des préparatifs énervés. Ce divorce a toujours été une telle toile de fond pour moi, même maintenant, impossible de m’y intéresser vraiment. Impossible de m’intéresser vraiment à pas mal de choses en fait. Parfois je laisse échapper un « faire le ménage c’est pas perdre un peu de soi même ? » et on me répond poliment que si, j’ai raison. Je lui disais qu’elle habiterait pas en Grèce et j’y croyais vraiment, c’était pas juste des remarques provocatrices. Mais elle l’a fait. Et moi en 2005 j’avais en grande partie 13 ans et j’étais un peu branque.
Mais je me suis laissée entraînée finalement, et je l’ai fait.
En arrivant, j’étais surtout la fille qui faisait des crises d’angoisse. Voilà, c’était ma marque de fabrique, Margaux l’angoissée. J’ai toujours pensé que les plus tristes étaient les plus intelligents. Je trouvais que c’était cool et intellectuel, mais je le faisais pas exprès pour autant. J’aurais voulu savoir mieux expliquer qu’on faisait pas exprès d’avoir si peur de continuer à essayer de dormir et de trembler tellement fort, d’avoir tellement chaud et tellement froid que la seule façon d’aller mieux c’était de pleurer.
Oui, 2005 – 2006 est aussi une année où j’ai beaucoup pleuré. Ca m’a pas fait maigrir mais ça a eu l’avantage de me faire apprendre à avoir un air tragique quand j’en ai besoin. J’ai pleuré à cause de ma mère et à cause d’A. et à cause de la vie en général. Je crois que j’y ai pris goût, je suis toujours pas outrageusement heureuse quand je pleure, mais je suis dans mon élément ( quoique, je suis un signe d’air, ça tient pas vraiment debout ).
J’ai manqué les cours plus que jamais, il y avait des jours où ça me semblait juste impensable de me réveiller seule, de sortir, d’attendre, de prendre le bus et d’attendre pendant six heures que ça soit enfin fini. J’ai pas de bon point à en retirer, là. Je suis toujours maladivement terrorisée de me montrer à mes contemporains, si ce n’est plus, mais au moins, j’ai eu plein de jours de repos. Les jours de repos, je les ai remplis avec ce qui m’a fait tenir. Gardez le pour vous mais j’ai les larmes aux yeux en écrivant ça. Comme penser à un bon ami qui m’aurait aidée dans un moment difficile. Maintenant les larmes sont remontées par une grimace, parce que c’est trop dur de dire tout ce que je lui dois sans être niaise, c’est pas trop dur, c’est impossible. Je n’ai généralement pas d’émotions fortes avec lui, rarement de crises de larmes ou de tremblements, mais c’est mon intraveineuse, la seule chose dont je ne peux pas me passer.
Je pourrais admettre la non-existence de l’Angleterre, la disparition de mon Marsupilami, la mort de A., tant que j’aurais encore la musique à porter de main.
Sans déranger autour de moi, parce que beaucoup de gens ont dit que cette période où on découvre la musique et où chaque groupe semble inégalable était formidable. Je suis d’accord, j’y suis encore. Cet état dont les adultes ne sont pas capables, tenir parce que quelqu’un, un jour, a choisi de mettre ce mot après celui là et de construire cette phrase qui, même si elle me ressemble pas, me fait poser plein de questions. Un état qui a l’air comparable à rien d’autres, où c’est moi qui fais les règles, et où personne ne peut me contredire parce que tout est de toute façon trop profond pour être traduit en mot. Il y a conversion à travers le tympan et cette langue déjà étrangère devient alors un dialecte mort et perdu que je suis la seule à connaître. Il glisse des indices de temps en temps, parfois il fait tout trembler pour une basse, ou il génère le même sursaut à ce même moment, pas tout le temps, mais tout le temps à ce passage. Parfois ça émerge, comme ce schéma de mon expression que j’avais dessiné, où tout se passait dans les ¾ immergés de l’iceberg. Mais parfois non, pas parce que c’est trop plein mais parce qu’une occasion se présente et que ça me fait peur de montrer ça aux autres.
En 3ème j’ai fait réussi l'exploit de faire écouter Can’t Stand Me Now, London Calling et Someday à ma classe et à chaque fois c’est comme si c’était moi qui allais jouer, j’avais le fameux sentiment du cœur de plomb qui ne s’allège que si on prend une longue inspiration. Passer un clip des Strokes à une bande de Grecs chauvins et intolérants, c’est presque aussi jouissif que de manger de la crème de marron à la cuillère. Ne pas regarder leurs expressions, mais bien la télévision, faire le même vieux sourire à la réplique d’Albert, et finalement, m’en taper de ce qu’ils en penseront parce que ouais, moi je trouve que le pont à la batterie est putain de bien et que je préfère être la seule à le penser que de kiffer sur les Pussycat Dolls.
C’est définitivement ça ma drogue, mon médicament ou ma thérapie.
Au LFH, il y avait ma prof d’anglais, qui trouvait que j’avais un british sense of humour et qui me découpait les articles sur Pete Doherty dans le Guardian, il y avait les magouilles en tout genre, celles qui me font me sentir plus connes, les moments où personne voulait de moi, les parties de basket où, mystérieusement, le mot Floride m’apparaissait dès que je touchais le ballon, le bon vieux bus, micro climat de l’adolescence, où j’ai du écouter plus de musique que tous les autres passagers réunis, mais il (n’) y a surtout (pas) eu A.
In a town, in a city, in an eyeball, on a rock
In a fence where a goat was alone by himself
There was a boy, who was there
A boy who built a snowman out of himself
I've been popping out of closets in Robin Hood suits
I've been spotted in pictures with Navy recruits
Look at your costume, you know that it's true
Anyone could pop in as you
Tried to untie your lips, but they were double knotted
I tried to break into you brain, but all the entrances were rotted
If the moon had minute hands, it would have meant a lot
But God would have made the moon as a clock
Look, look, look at me doing this
Look, look, look at me doing that
Look, look, look at the way that I am
Bye bye bye to the crazy ones
Bye bye bye to the crazy ones
Bye bye bye to the crazy ones
Look, look, look at me doing this
Look, look, look at me doing that
Look, look, look at the way that I am
Look, look, look at me doing this
Look, look, look at me doing that
Look, look, look at the way that I am
But if everybody was the best
There would be so few of the rest
Oh the places where you've never been
Oh the world was just a baby then
A million ways you learn to cry
When the boy's little waves pass you by
Oh never to be there again
Oh the children where so old-fashioned then
Coffins decked out on the street
Who's the stranger with the purple feet
Don't I remember him from somewhere
Before his feet lost their hair
But if everyone is coffin-bound
Then I'm so scared of being not around
I'm so scared to never make a sound
I'm so scared of being underground
Can you see me?
J’ai peut-être rien compris au sens de la chanson mais de toute façon j’ai rien compris non plus à A., donc je peux maintenir que pour moi, c’est l’illustration fidèle et parfaite de mes sentiments pour lui. Et je suis même cinématographiquement étonnée de la familiarité. Avec des étoiles dans les yeux et un gros plan sur des lèvres tremblotante et éclairage tamisé, tout ça.

En 2005 / 2006, Je soussignée Margaux, déclare officiellement avoir été changée, bouleversée, touchée, remuée, émue, reconnaissante (à) (rayer la mention inutile) à degrés et durées à variation par :
The Libertines, la Grèce, Middlesex, Ken Park, l’Angleterre, Alexis, the Strokes, le LFH, New York, Antigone, l’isolement, Georges, the Sex Pistols, Paris, American History X, le bus, l’anglais, Clap Your Hands And Say Yeah, le Portrait de Dorian Gray, Craig Nicholls, le Mouv, Fight Club, Bienvenue au Club, la politique, Arcade Fire, ma chambre, les autres, Trainspotting, moi.
Et puis ça recommence l'année prochaine.



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